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Le chamanisme mongole

Un ovoo (ou obo) est un cairn chamanique mongol, constitué d'un amas de pierres ou de bois, utilisé comme lieu de culte pour les déités de la nature, les esprits des montagnes et le ciel (Tengri). Souvent situés en altitude ou aux carrefours, ils servent de points de repère et de sites pour des rituel

Axtan (mon prénom mongol) – signification doré en français) donné par mon cousin, le chaman Boonde en Mongolie.

Qhispi Drolma (mon nom de guérisseuse) Qhispi (diamant en français, donné par Féliciano le curandero qui m’a reconnu comme chaman et initié aux rituels chamaniques incas

Et Drolma issu du nom donné par sa Sainteté le XIIèmeGyalxwang Drukpa (Jigme Drolma qui veux dire Déesse sans peur, pouvoir de guérison des 21 Taras)

Un chaman, ou « ulaach », est une personne choisie par les esprits pour servir de médiateur entre le monde des humains et celui des esprits (les « ongod »).

En Mongolie, la distinction entre le chamanisme blanc et le chamanisme noir ne se réfère pas à une opposition entre le bien et le mal, mais plutôt aux types d’esprits invoqués et aux rituels pratiqués. Ces deux courants travaillent pour l’équilibre et le bien-être de la communauté, mais empruntent des chemins différents.

Connexion avec les esprits célestes : Les chamanes blancs (souvent appelés le « chemin blanc ») travaillent avec les esprits du monde supérieur et les esprits bienveillants de la nature.

Objectif pacifique et humanitaire : Leur rôle est d’apporter la paix, l’harmonie et l’équilibre en apaisant les esprits de la nature et en œuvrant pour l’humanité.

Rituel de guérison et de bénédiction : Ils sont connus pour leurs compétences en guérison, divination et rituels de bénédiction. Contrairement aux chamanes noirs, ils ne pratiquent pas la malédiction.

Origine géographique et symbolique : Ils sont souvent associés aux esprits de l’ouest, reconnus pour leur sagesse et leurs capacités de guérison.

Connexion avec les esprits inférieurs et ancestraux : Les chamanes noirs invoquent des esprits puissants et féroces, parfois associés aux esprits des défunts ou aux esprits du monde inférieur.

Objectif guerrier et protecteur : Plutôt que de pacifier, les chamanes noirs affrontent les forces négatives par la force et sont considérés comme des « guerriers chamaniques ». Ils utilisent le courage et la discipline pour vaincre le mal.

Rituels puissants : Ils sont capables d’accomplir des rituels plus ardus et puissants pour se défendre contre les démons ou pour accomplir des tâches complexes.

Origine géographique et symbolique : Ils tirent souvent leur pouvoir de la direction du nord ou de l’est, régions traditionnellement liées aux esprits de la guerre.

Il est important de noter que la distinction a été influencée par des facteurs historiques :

Le bouddhisme jaune : Après l’annexion de la Mongolie par la dynastie Qing au XVIIe siècle, le bouddhisme (surnommé le « chamanisme jaune ») a absorbé et remplacé de nombreux éléments du chamanisme local.

Résistance culturelle : Le chamanisme noir a émergé au XVIIIe siècle comme une forme de résistance des tribus de chasseurs du nord contre la domination des Mongols Khalkha bouddhistes.

Évolution des rôles : Dans le passé, le chamanisme blanc était associé à l’ordre social et à l’administration, tandis que le chamanisme noir était lié aux esprits primordiaux et à la puissance.

Dans leur vie quotidienne, les chamans exercent des métiers divers et ne se distinguent généralement pas des autres personnes. Cependant, chez eux, ils honorent les esprits protecteurs de leur lignée familiale, réalisent des rituels spécifiques si nécessaire et se rendent souvent dans la nature pour effectuer des cérémonies renforçant leur énergie spirituelle. Leurs principales forces proviennent de leur connexion profonde avec la nature.

Les rituels chamaniques ne se limitent pas aux Mongols ; ils représentent un patrimoine universel. Depuis des siècles, ils ont permis aux peuples du monde entier de communiquer avec la nature, les montagnes, les rivières, le ciel, la terre et les ancêtres. Ces pratiques incarnent une riche tradition spirituelle et morale.

L’origine du chamanisme est étroitement liée à la relation entre l’homme et la nature. Il s’agit d’une philosophie explorant le lien profond entre les humains, les animaux et leur environnement naturel. Ce lien souligne l’importance de vivre en harmonie avec les forces visibles et invisibles de la nature.

Comme le souligne le professeur D. Bumb-Ochir dans sa conférence intitulée “Définir le chamanisme”, une question essentielle demeure : le chamanisme est-il une religion ? Les chercheurs du monde entier débattent encore à ce sujet. Certains le considèrent comme une pratique spirituelle ou philosophique, tandis que d’autres le qualifient de religion.

Ceux qui affirment que le chamanisme n’est pas une religion le comparent souvent aux grandes religions organisées comme le bouddhisme, le christianisme ou l’islam. À l’inverse, les anthropologues sociaux et culturels considèrent généralement que le chamanisme peut être classé comme une religion en raison de ses caractéristiques uniques.

L’une des particularités du chamanisme réside dans la capacité des chamans à invoquer, guider et collaborer avec les esprits pour accomplir des tâches spécifiques. Cette caractéristique le distingue des autres formes de religion où les humains sont subordonnés aux divinités. Cette relation active entre le chaman et les esprits alimente le débat sur la définition du chamanisme.

Dans le contexte mongol, les « ongods » sont considérés comme les esprits protecteurs des ancêtres défunts. Le chaman agit comme un médiateur entre le monde spirituel et celui des vivants, facilitant une interaction harmonieuse. À travers cette pratique, les Mongols honorent leurs ancêtres, recherchent leur guidance et renforcent leur lien avec la nature.

Le chamanisme mongol se distingue par son interaction non seulement avec les esprits des ancêtres, mais également avec les forces naturelles. Si les esprits ancestraux ne peuvent pas fournir d’aide suffisante, les Mongols se tournent vers les puissances naturelles, témoignant de leur profonde connexion avec la nature. Ce lien unique avec l’environnement différencie le chamanisme mongol des autres formes de chamanisme à travers le monde.

Le chamanisme a une longue histoire au sein des peuples mongols. Ses origines remontent aux sociétés protohistoriques, bien avant l’apparition des civilisations modernes.

Jusqu’au début du XIIIe siècle, le chamanisme mongol est resté pratiquement exempt de toute influence extérieure, comme le souligne le professeur Ch. Dalai. Les recherches des experts s’accordent pour situer l’émergence du chamanisme à une époque antérieure à l’avènement des sociétés de classes, soit à l’âge de la pierre nouvelle ou à l’âge du bronze, lorsque les activités principales des peuples étaient la chasse et la cueillette.

Les Huns, qui fondèrent le premier État organisé en Mongolie, pratiquaient le chamanisme. Ce système de croyances a joué un rôle central dans la régulation sociale, unifiant les membres de la communauté autour d’objectifs communs, et établissant un lien harmonieux avec la nature. Une composante majeure de cette vision spirituelle était le concept de « foyer sacré », qui évolua pour devenir un symbole de cohésion entre les différentes tribus. Les chamans, en tant qu’intermédiaires entre le monde naturel et la communauté, ont contribué à maintenir l’ordre social et à guider les peuples dans leur relation avec la nature.

Au cours de l’Empire mongol, le chamanisme a atteint son apogée. Le Secret de l’histoire des Mongols témoigne de l’importance accordée à cette pratique au XIIe siècle.

Lorsque le Grand Khan Ögödei tomba gravement malade, de nombreux chamans furent convoqués pour effectuer des rituels. L’histoire raconte également que Tolui, le plus jeune fils de Gengis Khan, sacrifia sa vie pour sauver celle de son frère aîné.

Gengis Khan lui-même était profondément dévoué au chamanisme. Il l’utilisa pour renforcer son autorité politique et militaire, consolidant ainsi son pouvoir sur les tribus mongoles. Avant chaque bataille, il avait pour habitude de gravir des montagnes sacrées, comme Burkhan Khaldun, pour prier et demander la protection des esprits. Cette connexion entre foi et stratégie militaire est bien documentée dans les textes historiques.

Par la suite, le bouddhisme lamaïque se répandit largement en Mongolie, coexistant avec le chamanisme. Malgré cette cohabitation, le chamanisme resta une partie intégrante de la culture et de la vie quotidienne des Mongols jusqu’au XXe siècle. Cependant, sous l’influence du régime communiste, la pratique fut réprimée pendant près de 70 ans. Ce n’est qu’après la révolution démocratique de 1990 qu’elle connut une résurgence.

Dans les années 2000, une recrudescence du nombre de chamans s’observa, en partie pour compenser la longue interruption des pratiques.

Aujourd’hui, le chamanisme mongol, enraciné dans le Tengrisme, est une tradition bien connue de tous les Mongols. Cette pratique reflète une profonde vénération pour la nature et les esprits ancestraux, permettant aux individus de demander guidance et protection pour leur destinée.

Le tengrisme est une ancienne religion d’Asie centrale, fondée sur la vénération de Tengri, le dieu du ciel éternel. Cette croyance intègre des éléments de chamanisme, d’animisme, de culte des ancêtres et de totémisme. Le tengrisme met l’accent sur le culte des éléments naturels, comme la terre et le ciel, et sur la vie en harmonie avec la nature.

Divinité suprême : Tengri, la divinité suprême, est le dieu du ciel éternel.

Culte de la nature : La religion valorise la vie en harmonie avec la nature, la terre et le ciel.

Chamanisme : Il est caractérisé par une forte présence du chamanisme.

Culte des ancêtres : Les ancêtres sont également vénérés.

Le chamanisme en Mongolie, dans sa philosophie, dépasse les préoccupations de la vie matérielle. Il s’agit d’un processus spirituel visant à honorer et à se connecter aux esprits des ancêtres. Contrairement à d’autres formes de chamanisme, la tradition mongole se distingue par son interaction non seulement avec les esprits des ancêtres, mais également avec les forces de la nature. Si l’aide des esprits ancestraux s’avère insuffisante, les Mongols se tournent vers les puissances naturelles, témoignant de l’harmonie profonde entre l’homme et l’environnement dans cette culture spirituelle unique.

Si vous vous apprêtez à honorer et à accueillir les esprits chamaniques (ongods) de votre lignée, voici quelques conseils qui pourraient vous être utiles.

Lorsqu’un chaman parvient à établir un lien harmonieux avec ses esprits, ces derniers veillent sur la descendance de sa lignée et leur offrent leur protection. Traditionnellement, une lignée ne possède qu’un seul esprit, et certaines lignées peuvent même ne pas en avoir. Cependant, dans la société actuelle, il n’est pas rare de trouver plusieurs chamans (deux à quatre) au sein d’une même famille, ce qui, du point de vue des esprits et des traditions lignagères, est souvent considéré comme anormal.

Les ongods sont des âmes provenant du monde des ténèbres. Contrairement aux âmes des humains ordinaires, qui se réincarnent, les âmes des chamans ne suivent pas ce cycle. Elles deviennent des ongods et retournent dans le monde des ténèbres après leur décès. Le retour d’un esprit chamanique parmi les vivants dépend de plusieurs facteurs :

Le respect ou le manque de respect manifesté par les descendants envers l’esprit. Si les descendants négligent ou manquent de vénération envers l’ongod, celui-ci peut se sentir offensé et refuser de revenir.

Un dicton mongol affirme : “Chaque chaman a son propre chemin, tout comme chaque esprit a sa propre descente.” Cette sagesse populaire reflète la diversité des traditions chamaniques parmi les groupes ethniques, comme les Darhad, les Tuvan ou les Bouriates. Par exemple, les Darhad et les Tuvan appellent leurs esprits à l’aide d’instruments spécifiques tels que des guimbardes, des tambours ou des hochets.

Les chamans Darhad, par exemple, utilisent souvent la mélodie d’une guimbarde pour inviter l’esprit. Les esprits arrivent généralement sur une monture symbolique. Cela peut être un renne pour certains, un cheval, un loup ou un ours pour d’autres. Le processus de descente d’un esprit se fait par étapes :

Lors de la première mélodie de la guimbarde, l’esprit monte sur sa monture.

Avec la deuxième mélodie, il traverse le chemin qui le mène au chaman.

La troisième mélodie marque son arrivée et son entrée dans le corps du chaman.

Les esprits doivent être accueillis avec respect et invités de manière appropriée. Ils peuvent être honorés par divers moyens : à pied, avec un tambour ou en portant les costumes traditionnels des chamans en Mongolie. On peut comparer les esprits à des personnes âgées sages et respectées. Plus un esprit est honoré et bien traité, plus il devient puissant. Cependant, le simple fait de faire descendre un esprit fréquemment ne le rend pas nécessairement plus fort. C’est la qualité de la relation avec l’esprit qui importe.

Les chamans mongols possèdent une sagesse profonde et pratique sur la vie. Contrairement aux érudits ou moines d’autrefois qui regroupent les connaissances en plusieurs catégories, les chamans appréhendent le monde dans sa globalité, tirant des leçons fondamentales de chaque aspect de la vie.

Les chamans agissent également comme des guérisseurs traditionnels et des praticiens des remèdes populaires. Leur savoir, à la fois simple et complexe, reflète une compréhension intuitive des interactions entre le corps, l’esprit et la nature.

Lorsque l’esprit (ongod) d’un chaman mongol prend possession de son corps, son apparence et son comportement peuvent radicalement changer, témoignant d’une énergie surnaturelle qui transcende les limites de la personnalité ordinaire.

Les esprits peuvent descendre dans le corps du chaman pendant des durées spécifiques : certains restent trois minutes, d’autres jusqu’à vingt-sept minutes. Contrairement à une idée reçue, les esprits ne consomment ni alcool ni tabac, même si certains rituels symboliques peuvent impliquer ces éléments.

Fait n°5

Les chamans mongols effectuent leurs rituels debout, une posture qui symbolise leur connexion avec le “destin vertical” des Mongols, reflet de leur lien avec les cieux.

Certaines formes de chamanisme, comme les rituels dits “à pied”, n’utilisent pas de tambours mais des instruments comme la guimbarde ou la flûte, dont les sons servent de pont entre le chaman et les esprits.

De nos jours, il existe de nombreux chamans qui ne différencient pas clairement les types d’esprits. Certains peuvent être des esprits impurs, comme des revenants ou des esprits vengeurs, qu’il faut savoir identifier avec précaution.

Le tambour du chaman reflète son statut. Par exemple, un tambour avec 15 bosses est souvent associé à un chaman puissant dans la région de Khalkha, tandis que les chamans Darhad ou Bouriates ont généralement des tambours moins ornés, entre 8 et 13 bosses.

Le chamanisme aurait émergé à l’époque du matriarcat, lorsque les premiers humains commençaient à vénérer les montagnes, les rivières et la nature environnante.

Le costume rituel d’un chaman est appelé une “armure”. Il est orné de clochettes et d’éléments symboliques qui servent à canaliser l’énergie spirituelle et à se protéger des influences négatives.

Le tambour est considéré comme un “véhicule spirituel” qui permet au chaman de voyager vers les cieux et d’atteindre les esprits supérieurs. Fabriqué à partir de matériaux sacrés, il est imprégné d’une énergie puissante.

Des études scientifiques, comme celles de la professeure Ben Bella Helga, montrent que les chamans possèdent une énergie biologique unique qui leur permet d’interagir avec les forces naturelles et d’utiliser leur intuition pour aider les autres.

Les chamans enseignent que les “lus” (les esprits de la terre et de l’eau) jouent un rôle crucial dans la protection de l’équilibre naturel. Ces entités sont vénérées pour leur lien avec les éléments.

Les chamans classent les esprits en plusieurs catégories : ceux liés à la terre (lus), au ciel (tengri) ou à l’énergie ancestrale. Chaque esprit a ses propres caractéristiques et exigences.

Les rituels chamaniques sont des ponts entre les mondes visibles et invisibles. Ils permettent de rétablir l’équilibre dans les relations entre les humains et les forces naturelles.

Un chaman qui entre en connexion avec l’esprit d’un ancêtre décédé ou qui devient chaman à cause de l’influence de cet esprit est appelé un chaman “porté par un esprit” ou un chaman “alimenté par un esprit”. Cependant, on dit que le pouvoir spirituel de ces chamans est inférieur à celui des chamans alimentés par les forces célestes ou les esprits de la terre.

Le rituel appelé “éveil des esprits ancestraux” consiste pour un chaman à invoquer et animer les esprits et les protecteurs célestes des ancêtres d’une famille (mari ou femme). Ce rituel peut être effectué dans une famille chamanique ou non. Il implique souvent la confection de tissus colorés ou d’autres matériaux comme du feutre ou de la laine, que le chaman “anime” à travers des incantations.

Les esprits ancestraux, appelés ongods, sont considérés comme l’union des forces énergétiques des ancêtres et des énergies naturelles de la Terre. Selon le chercheur O. Purev, les ongods représentent des formes subtiles et intelligibles d’énergie spirituelle.

Chaque fois qu’un esprit (ongod) entre dans un chaman, ce dernier perd brièvement conscience. Les chamans expliquent ce phénomène par le fait que leur esprit cède temporairement la place à une conscience supérieure, leur permettant de transmettre des messages sur le passé, le présent ou l’avenir.

Les ongods sont des entités invisibles, sans forme physique perceptible, mais les chamans croient qu’ils ont une substance tangible. Ces esprits occupent des lieux spécifiques et sont en perpétuel mouvement. Ce phénomène est décrit comme le “flux des esprits”.

Une fois qu’un ongod établit un lien avec un chaman, il maintient une connexion constante, fournissant des informations et des conseils. Cette relation crée un flux énergétique unique autour du chaman, qui peut alors résoudre des problèmes sans effectuer de rituel formel.

Les chamans de l’Altaï vénéraient les cinq dieux célestes (Ataï Tenger) en utilisant des “symboles sacrés” attachés à des animaux noirs tels que des chevaux, des chèvres, des moutons, des chameaux ou des bovins. Ces symboles étaient fabriqués à partir de bandes de tissu coloré représentant des éléments comme l’eau, la terre, le feu et le ciel.

Le bleu représente le ciel éternel, ou Tengri, la divinité suprême et le dieu du ciel dans le chamanisme mongol.

Origine et signification : Le bleu est souvent associé aux montagnes ou aux espaces bleus du ciel.

C’est la couleur nationale, symbolisant l’éternité et la pérennité.

Il est associé au point cardinal de l’est.

Le rouge symbolise le feu, la vitalité, la prospérité et la passion.

Le feu, et le poêle qui le contient, est un élément central du foyer et a une forte symbolique sacrée.

Le rouge est une couleur importante dans le chamanisme mongol, souvent associée au feu.

Origine et signification : Le feu est un élément essentiel dans de nombreuses croyances, et la couleur rouge est souvent associée au sang et à la vie.

Cette couleur est liée au point cardinal du sud.

Le vert est la couleur de la Terre et des vastes steppes mongoles.

Il évoque la nature, la croissance, l’équilibre, la sagesse et le renouveau.

Bien qu’il soit parfois lié à l’est dans certaines traditions (le bleu étant alors associé à l’ouest), le vert est majoritairement associé à la terre.

Le vert représente la terre, les pâturages, le territoire de la famille et des ancêtres.

Origine et signification : Le vert est lié au sol, au bétail et aux territoires des ancêtres.

Blanc – Pureté et l’Ouest :

Le blanc est la couleur la plus sacrée et propice, représentant la pureté, le lait et les bénédictions spirituelles.

Il est lié à la Mère de la Terre et au chamanisme blanc (par opposition au chamanisme noir).

Il correspond au point cardinal de l’ouest. Le blanc est la couleur la plus sacrée en Mongolie, associée à l’eau, à la pureté et à la bénédiction.

Origine et signification : Le blanc est souvent associé au lait, à la neige et aux produits laitiers.

Noir – Puissance et le Nord :

Le noir représente le nord, la force, la discipline et le pouvoir.

Contrairement à de nombreuses cultures occidentales, le noir n’est pas vu de manière négative en Mongolie.

Il est également associé au chamanisme noir.

Dans les rituels chamaniques, des morceaux de tissu de ces couleurs (appelés khadag) sont utilisés pour honorer les esprits et les divinités. Par exemple, des rubans bleus sont souvent attachés aux ovoos (tas de pierres sacrées) en offrande à l’esprit du ciel. Ces couleurs jouent un rôle central dans la connexion du chaman avec les éléments et les esprits qui les gouvernent.

Les rituels de guérison impliquent souvent des incantations poétiques et des paroles sacrées. Ces pratiques se divisent en deux catégories : les incantations mimétiques, qui imitent des actions symboliques, et les incantations “réceptives”, qui cherchent à canaliser des énergies bénéfiques.

Le loup est considéré comme l’animal totem le plus puissant pour les ongod. Il symbolise la force et la protection. Le corbeau, quant à lui, est vu comme un guide loyal et un messager des esprits.

Les chamans de l’Altaï utilisaient des peaux d’animaux comme le cerf pour créer des figures animées représentant leurs esprits protecteurs. Ces figures étaient vénérées et placées dans la partie la plus sacrée de la maison.

Les chamans sont crédités de diverses capacités spirituelles, notamment la manipulation des perceptions (illusions), la transformation des émotions à distance et l’utilisation d’énergies naturelles. Ces capacités vont au-delà de simples tours de magie ou d’hypnose et sont considérées comme un don inné.

Les chamans sont les premiers guérisseurs de l’humanité. Ils considèrent le corps humain comme une extension des éléments naturels et traitent les maladies à l’aide de plantes, d’eau, de rituels et d’incantations, souvent en collaboration avec des forces invisibles.

Le chamanisme en Mongolie regroupe diverses disciplines telles que la médecine, la poésie, la musique, l’histoire, le théâtre, la danse, la mythologie, l’art et l’artisanat. Le chercheur O. Purev décrit le chamanisme comme une science universelle englobant toutes ces dimensions.

Un enfant destiné à devenir chaman montre des signes particuliers dès l’âge de 7 ans. Ces signes deviennent plus évidents à 9 ans et culminent à 13 ans, âge où l’enfant manifeste des traits chamaniques complets. Ces signes peuvent également réapparaître à 25, 37 ou 49 ans.

Les chamans mongols se distinguent par leur sensibilité artistique, leur capacité à discerner le bien du mal et leur aptitude à comprendre les émotions humaines. Ils sont souvent doués en musique, en poésie et dans les arts, ce qui reflète leur connexion profonde avec l’esprit humain et la nature.